EXTRAIT DU BULLETIN DE LA HAUTE MOSELLE n° 19 INTITULE " L'AN 40 EN HAUTE MOSELLE (édité par le Foyer " Socio-Educatif " du Collège du THILLOT)

Imprimer

Quelques " Braves " tombés pour la défense de la Haute-Moselle.

 

Un certain nombre de militaires français ont trouvé la mort dans les ultimes combats de la poche de la Haute-Moselle. Quelques-uns seulement peuvent être présentés grâce aux articles de la presse ou à quelques document épars.

Parmi les premiers tués figure le lieutenant François DEPIERRE, tombé au Col des Croix en essayant de s'opposer à l'arrivée des forces allemandes venant de Servance. Né à Grandvillers le21 novembre 1912, il était fils et petit-fils des propriétaires de l'importante tuilerie de cette localité. Il fit ses études à Saint-Joseph d'Epinal puis à l'Ecole Centrale d'où il sortit avec le diplôme d'ingénieur.

Appartenant à une famille très catholique, il était président du Cercle des jeunes Saint-Romaric de Grandvillers. Mobilisé comme lieutenant d'artillerie, il est à la tête de la 2e Batterie du 69e Régiment d'Artillerie lorsque commence la retraite.

 

Au Ménil, au Col des Fenesses, la résistance d'éléments du 613e Pionniers est marquée par la mort du lieutenant Roger Antoine BRECHARD et du soldat Fernand BREGHEON, tous deux originaires de Clemont-Ferrand. Le second a été tué par un éclat d'obus.

 

A Saint-Maurice, les combats qui se déroulent en particulier dans la vallée des Charbonniers sont également meurtriers. Une liste publiée en octobre fait état des décès suivants :

TESSIER Robert, soldat P.A.D. 63, de La Rochelle – PALANQUE Bernard, caporal 317e R.I., de Chartres – BARRIER Henri, caporal 317e R.I. – ROUSSEL André, maréchal des logis P.A.D. 63, de Clermont-Ferrand – MULLER-BRUDER Maurice, infirmier 317e R.I. – MORET Dominique, de la Roche-sur-Yon et JUHLER Jean, d'Aurillac, soldats morts pour la France.

(" Express de l'Est ", 13-14 octobre).

Le Ménil, commune épargnée.

" La mémoire de Clara " publiée en 1985 aux éditions Gérard Louis contient une évocation précise de la réaction des habitants de Demrupt lors de l'avance allemande.

 

" Quand les Allemands ont été annoncés à Ramonchamp, nous sommes montés dans le bois, plus haut que la " Pouache ", le long du petit ruisseau qui coule entre le versant de la Flaconnière et celui des " Reûs"… Tous ceux de Demrupt étaient là, même notre patron dont le petit château était proche et ses tourelles – quoique assez minables – pouvaient être vues d'en haut. Les bois n'étaient pas du tout un refuge sûr ; les avions bombardaient peut-être par maladresse, peut-être parce qu'ils les croyaient occupés par des soldats. Aussi, avons-nous décidé de regagner nos maisons où les caves voûtées étaient d'assez bons abris. Les Allemands, motos, tanks, auto chenilles, montaient et bientôt passaient le village, où il n'y avait pas eu de résistance ; le maire, je crois, l'avait jugée inutile. Ce n'est qu'en arrivant au Col des Fenesses que les combats ont commencé ; des jeunes du pays s'étaient joints aux groupes militaires, et presque tous ont été faits prisonniers. Nous les avons vus redescendre la vallée, désarmés, encadrés par les Allemands, misérables… Au passage, tous ceux qui avaient quelque chose à donner leur mettaient dans les  bras : boîtes de conserve, bonnes bouteilles, sucre, chocolat, etc. ".

Un document communal du 21 juillet indique que 90 obus environ sont tombés sur la commune mais qu'ils n'ont heureusement causé aucun dégât ni tué ou blessé de civils.