B.M. 1993 - 1994 LE MENIL EN 1793 ET 1794 : LES ANNEES TERRIBLES

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Il y a deux siècles, la France connaissait l'une des périodes les plus tragiques de son histoire. Elle devait faire face à une formidable coalition de la plupart des pays d'Europe en même temps qu'au soulèvement de certains de ses départements. Grâce aux sacrifices imposés à ses habitants, elle finit par l'emporter. Les Guédons, nous allons le voir, ont leur part dans cet effort victorieux.

 

POPULATION ET ACTIVITES

 

Selon un recensement effectué au mois de juin 1793, la commune du Ménil compte 1 231 habitants auxquels il convient d'ajouter 63 hommes partis "à la défense de la patrie ". La population vit essentiellement de l'agriculture. Une statistique agricole de 1794 comptabilise :

 

- 10 chevaux et un poulain,

 

- 337 vaches,

 

- 99 chèvres,

 

- 7  porcs.

 

La production principale, permettant de gagner quelque argent, est le fromage : 350 quintaux seraient fabriqués chaque année, nécessitant 140 quintaux de sel.

 

Les activités annexes sont le petit commerce (la revente du fromage en particulier) et l'artisanat : on trouve ainsi deux cabaretiers, deux boulangers, un meunier, un huilier, un maréchal ferrant, un jeune armurier (Léonard BONTEMS âgé de 21 ans "ayant le talent de " savoir  raccommoder les armes et même en faire de neuves "), des sabotiers et cordonniers.

 

Enfin, nous l'avons vu dans un précédent bulletin, la filature à domicile procure un complément de ressources non négligeable à de nombreuses familles qui la pratiquent essentiellement pendant la mauvaise saison.

 

 

LES AUTORITES MUNICIPALES

C'est au début de décembre 1792 (les 6 et 8) que furent désignés, après des opérations électorales assez compliquées, les membres d'une nouvelle municipalité remplaçant celle élue en novembre 1791 et dirigée par le maire Claude COLLE. L'assemblée primaire formée des citoyens actifs au nombre d'une centaine, désigna à tour de rôle :

 

* le conseil municipal proprement dit :

 

- le maire : Charles Joseph NOEL, élu avec 72 voix sur 102 votants, marcaire au Ménatré (1),

 

- cinq officiers municipaux :

 

. Pierre THOMAS le vieux, du Xerbanage (Demrupt),

 

. Luc FRANOIS, marcaire au Pré Derrière,

 

. Remi THOMAS, huilier à Demrupt,

 

. Etienne GERMAIN, négociant en grains au Ménil (village),

 

. Claude Eloi PELTIER, du Trez (Le Ménil),

 

- le procureur de la commune : Joseph NOEL, du Pont Charreau,

 

* douze notables constituant avec les premiers désignés le Conseil Général de la commune :

. Henri ALBERT, de Demrupt (le Pré Michel),

 

. Alexis GRANDCLAUDE, marcaire à la Dennerie,

 

. Nicolas CUNAT, marcaire au Pré Hardy,

 

. Laurent ARNOULD, de Demrupt,

 

. Jean Joseph PELTIER le jeune, de la colline des Granges,

 

. Jean Nicolas NOEL le vieux, instituteur du Ménil,

 

. Charles CUNAT, du Ménil,

 

.Jean Claude THOMAS, de Demrupt, commandant de la garde nationle,

 

. Pierre LOUIS, du Ménil,

 

. Alexis THOMAS, de Demrupt,

 

. Sébastien CUNAT le vieux, du Haut Cheti,

 

. Charles FRECHIN, marcaire de Demrupt.

 

 

Jean Nicolas NOEL, nommé greffier, fut remplacé par Jean Baptiste PELTIER, du Ménil, déjà officier public responsable de l'état civil.

 

L'assemblée réunie le 8 décembre, devait encore renouveler dans ses fonctions le chef de police, Nicolas LOUIS, maréchal ferrant au Ménil.

 

L'une des premières préoccupations du conseil municipal est bien entendu le lieu de ses séances. En attendant la construction d'une nouvelle maison commune constamment reportée, il est décidé de tenir les réunions – les jours ouvriers – en la maison de Remi THOMAS, au Seu, afin de ne pas perturber " l'instruction  des enfants " qui a lieu dans le même local.

 

Le 28 avril 1793, se conformant à une loi du 21 mars, une nouvelle assemblée composée des officiers municipaux, notables et citoyens du Ménil, désigne un comité de surveillance formé de 12 membres :

 

 

. Alexis GRANDCLAUDE,                                                  . Sébastien PHILIPPE

 

. Alexis THOMAS,                                                              . Nicolas Henry CHEVRIER

 

. Henry ALBERT,                                                                 . Sébastien CUNAT, le vieux,

 

. Joseph LOUIS,                                                                 . Jean CUNAT,

 

. Pierre NOEL,                                                                    . Nicolas ANTOINE, le vieux,

 

. Eloy LOUIS,                                                                      . Nicolas LAMBERT.

 

 

Ce comité est notamment chargé de contrôler tous les étrangers en résidence ou de passage dans la commune. Il apporte son concours à la municipalité lorsque celle-ci décide de faire l'inventaire des grains possédés par tous les habitants, afin de venir en aide aux indigents de la localité. Ce comité est renouvelé le 15 pluviose an II (24 janvier 1794).

 

 

Le 20, Rémi LOUIS en devient président et Nicolas PELTIER secrétaire. En germinal, ils auront la pénible tâche d'aller reconnaître l'identité de Dominique CLAUDEL, l'ancien vicaire du Ménil, jugé comme émigré.

 

 

En janvier 1794, le procureur de la commune, Joseph NOEL, abandonne ce titre pour prendre celui d'agent national. Il dépend directement du gouvernement et doit envoyer tous les 10 jours des rapports au district.

 

LES DIFFICULTES ECONOMIQUES

 

La suppression du Chapitre de Remiremont a bouleversé les circuits économiques traditionnels de la montagne vosgienne. En effet, par l'intermédiaire des dîmes prélevées dans la plaine, la vénérable institution approvisionnait toute la région en céréales notamment.

Le problème des subsistances figure désormais en bonne place  parmi les préoccupations des autorités municipales. Dès le 5 janvier 1793, la municipalité lance un appel au département afin d'obtenir une aide, sinon une diminution des contributions en prévision des urgentes réparations à faire à la toiture de l'église. Le conseil municipal fait état de la "rareté de l'argent, la cherté des denrées et (de) la peine qu'ont les citoyens de vivre". De nouveaux secours sont sollicités en avril afin d'entretenir les chemins vicinaux " qui se trouvent dans un très mauvais état, à cause des fréquents débordements survenus pendant l'hiver dernier, ainsi que des pluies continuelles qui les ont ravinés et rendus presque impraticables".

 

La récolte de grains de 1793 ne permet pas de rétablir la situation et en septembre, le conseil municipal répondant aux décrets du Directoire du département, fait savoir que la quantité de grains existant dans la commune ne pourra faire subsister la population que jusqu'à la Saint Martin prochaine, et qu'ensuite, "ils seront tous… sans aucune ressource que de se familiariser avec la misère, ce qui est inévitable, vu la température de l'été qui a consumé, par les chaleurs, tous les légumes qui faisaient l'unique espoir aux citoyens de pouvoir subsister". Au moment même de cette déclaration, environ 120 habitants sont déjà " sans grain ni moyen d'en trouver vu la rareté, le défaut de récolte et de faculté pour en acheter ".

 

L'année suivante, le sort semble s'acharner sur les Guédons.

La veille des Rameaux (23 germinal ou 12 avril), veille également de l'exécution à Mirecourt de l'ancien vicaire Dominique CLAUDEL, les céréales sorties de terre sont recouvertes par une épaisse couche de neige, puisque celle-ci tomba de quatre heures du matin à midi. Il en résulte " que la plus grande partie, ayant été rompue, se flétrit et sécha ", détruisant l'espoir d'une belle récolte. Le 13 prairial (1er juin), le conseil général du Ménil lance un pathétique appel à l'assemblée nationale afin que les livraisons de grains en provenance de Haute-Saône, promises au département des Vosges, soient accélérées. Le 24 prairial, c'est l'administration départementale qui est priée de venir au secours de la commune, où règnent la pénurie et la disette. Une enquête a en effet indiqué qu'il n'y avait que 16 quintaux et demi de seigle pour l'ensemble de la localité. Ils proviennent d'échanges faits dans le département voisin de la Haute-Saône, où quelques citoyens se sont rendus avec des fromages et autres denrées. Le conseil ajoute " qu'il y a des familles qui sont sans pain depuis plus de trois mois, sans moyen d'en avoir ". Les quelques contingents affectés à la commune se sont révélés insuffisants pour nourrir les 1 281 habitants du village. La récolte de l'été fait l'objet d'une déclaration obligatoire le 1er septembre 1794. Il n'y a pas de miracle, 180 quintaux de grains seulement peuvent être comptabilisés. Heureusement, la fenaison fut meilleure, mais une partie du foin récolté dut être fournie aux armées, comme nous le verrons plus loin.

 

 

L'EFFORT DE GUERRE

 

Les volontaires (2). Après le magnifique effort fourni en juillet 1792, qui vit partir 42 hommes du Ménil, bientôt rassemblés dans la 2ème compagnie du 8ème Bataillon des Vosges, commandée par Jean Nicolas PHILIPPE, jusque là lieutenant de la garde nationale du Village (3), l'élan patriotique semble s'être légèrement émoussé, si l'on en juge par la protestation élevée en février 1793, par la municipalité estimant la levée de 10 hommes supplémentaires trop importante. Huit " volontaires " seulement partirent le 13 mars pour renforcer notamment les troupes stationnées en Rhénanie.

 

La France, qui doit faire face à presque toute l'Europe, est bientôt envahie, et le 23 août 1793, la Convention décide la " levée en masse ". Il s'agit de faire partir dans les plus brefs délais tous les célibataires et veufs sans enfant, de 18 à 25 ans – âge limite porté à 40 ans dans notre district en raison de la proximité de la frontière. 45 hommes sont ainsi réquisitionnés, qui doivent se rendre, sous la surveillance d'Alexis GRANDCLAUDE, à Thann, pour former des unités immédiatement lancées contre l'ennemi dans la région d'Haguenau. Cet effort porte ses fruits, et les frontières de l'Est sont dégagées, permettant de renvoyer les plus âgés des requis dans leurs foyers (4).

 

Le 8ème Bataillon des Vosges évoqué plus avant, se couvre de gloire lors du siège de Mayence. Leur courage permet aux défenseurs d'échapper à la captivité, à condition de ne plus se battre contre les "puissances alliées " ; aussi les envoie-t-on écraser l'insurrection vendéenne. Cependant, plusieurs volontaires, complètement épuisés, sont soignés dans les hôpitaux de Nancy, Strasbourg ; d'autres obtiennent la permission  de passer quelques semaines dans leur famille afin de reprendre des forces. C'est le cas de Gérard BRIOT, qui meurt à Bussang au mois de septembre, ou encore d'un fils de Nicolas PELTIER des granges, qui reste chez les siens jusqu'en janvier 1794.

 

Les " Mayençais" connaissent " l'enfer de l'Ouest " , en particulier à Torfou, le 19 septembre 1793, où tombe bravement le capitaine PHILIPPE. Après la Vendée, ils devront affronter les fameux Chouans de Bretagne, qui pratiquent une véritable guérilla dont la victime la plus connue est Blaise PELTIER, tué en messidor an III, à Merdrignac dans les côtes du Nord.

 

D'autres Guédons combattent en Belgique, comme Jean Joseph PELTIER, grenadier au 5ème Bataillon, parti avec ses trois fils, et qui meurt à l'hôpital de Liège en nivôse an III. Sa veuve, comme de nombreux autres parents des " défenseurs de la patrie ", obtient des secours de la République, se trouvant " sans bien, sans appui, sans ressource ".

 

 

Les réquisitions

 

 

Le Ménil, dans cette période difficile, ne doit pas seulement fournir des combattants, mais aussi satisfaire aux nombreuses réquisitions rendues nécessaires par le besoin de ravitailler les armées de la république :

 

 

- le 1er mai 1793, l'assemblée générale des habitants désigne Claude CLAUDEL, pour conduire 38 quintaux de foin à prendre  à Portieux jusqu'à Metz. Il reçoit 210 livres pour cette tâche ;

 

 

- en août 1793, c'est du seigle qui est livré à Sélestat où se trouve un important magasin militaire qu'il faudra par la suite ravitailler en foin et avoine notamment (en novembre, toutes les voitures de la commune sont réquisitionnées pour transporter 138 quintaux de fourrage) ;

 

 

- début septembre, afin d'équiper les requis de la levée en masse, on réclame aux habitants 12 pots de camp, 4 pots de fonte, 8 pioches, 8 haches, et 8 pelles

 

 

- en novembre 1793, les cordonniers sont requis pour fabriquer des souliers destinés aux armées. Le conseil municipal se pourvoit devant l'administration du district pour obtenir le cuir nécessaire. En février 1794, une visite domiciliaire est faite dans tous les foyers afin de répondre à une réquisition d'effets vestimentaires. La commune estime pouvoir fournir 2 paires  de souliers, 64 chemises, 35 paires de guêtres, 11 paires de bas et un pantalon ;

 

 

- le 20 prairial an II (8 juin 1794), les communes de Fresse, Saint-Maurice, et du Ménil se concertent afin d'envoyer un cheval à Bourg-Libre ;

- le 21 messidor suivant (9 juillet), le Ménil reçoit l'ordre de fournir dans les magasins de Strasbourg et Sélestat 45 quintaux de seigle dans la décade qui suivra la moisson ;

 

- les énormes besoins en poudre des armées sont à l'origine d'une grande campagne de fabrication de salpêtre. En fructidor (août), Sébastien CUNAT, désigné chef d'atelier pour l'extraction du salpêtre dans la commune, reçoit 330 livres pour ses journées de travail. Trente maisons "salpêtrées" sont reconnues, dont on tire de 1 à 45 livres de salpêtre. L'hiver suivant sera occupé à fabriquer des cendres en forêt, avec la participation de la plupart des hommes valides ;

 

Les cloches font également l'objet d'une réquisition en novembre 1793. Le conseil municipal sollicite le maintien de la plus grosse des trois cloches de l'église, afin de pouvoir  continuer à convoquer tous les citoyens, particulièrement ceux qui habitent " dans le derrière des montagnes ".

 

 

Il semble avoir été entendu puisque Nicolas LAMBERT reçoit à la fin de l'an II (septembre 1794) 18 livres pour avoir conduit à Remiremont deux cloches seulement. La grosse cloche, "Marie Madeleine ", existe toujours. Elle avait été bénie en 1788 seulement par le vicaire Dominique CLAUDEL.

 

Les réquisitions se poursuivront les années suivantes ; en prairial, an III (juin1795), le conseil municipal fera remarquer qu'il reste encore à la commune à verser 300 quintaux de foin mais " qu'audit lieu du Ménil, il n'y existe presque plus de voitures qui sont continuellement en activité pour la conduite desdits fourrages, qu'il est même péris plusieurs chevaux aux retours des convois, ce qui diminue le nombre des chevaux ".

 

LA VIE RELIGIEUSE

 

Depuis avril 1791, la paroisse du ménil est administrée par un vicaire assermenté, Jean Baptiste LAMBOLEZ, ancien religieux de l'ordre de Saint François, originaire de Mélisey. Il reçoit un traitement annuel de 800 livres. Le 13 thermidor an II (4août 1794), celui qui avait déclaré en chaire " ce n'est pas nous qui abandonnons le Pape, c'est le Pape qui nous abandonne ",  finit par succomber à la vague de déchristianisation suscitée par les conventionnels montagnards. Prétextant son grand âge et ses infirmités, il déclare au greffe municipal "renoncer à sa qualité de vicaire du Ménil, et vouloir rentrer dans la classe commune de citoyen pour observer l'égalité ". Il quitte le  presbytère réclamé par les autorités municipales pour y tenir ses séances, et se retire bientôt à Servance.

 

Pendant un an, le village se trouve privé de prêtre,  l'église étant transformée en temple de l'Etre Suprême, réservé aux réunions décadaires, marquées par la lecture des lois et des nouvelles parvenues à la municipalité pendant la décade précédente. Pendant l'été 1795, profitant de la reconnaissance de la liberté des cultes et de la réouverture des églises, deux ecclésiastiques (Luc LAHEURTE, ancien curé de Raon-aux-Bois, et Jean François VIRIOT, ancien tiercelin à Epinal), ayant tous deux des racines locales (5), viennent déclarer vouloir exercer le culte catholique au ménil après prestation du serment exigé : "je reconnais que l'universalité des citoyens est le souverain, et je promets soumission et obéissance aux lois de la République ".

 

 

Nous avons évoqué l'an dernier le malheureux destin de l'ancien vicaire Dominique CLAUDEL, exécuté à Mirecourt le dimanche des Rameaux 1794 (13 avril), après avoir été découvert à l'hôtel de la tête d'Or à Plombières. La Semaine Religieuse de Saint-Dié du 6 avril 1894 relate ainsi les derniers instants du vénérable prêtre.

 

La municipalité ne semble pas avoir montré beaucoup d'empressement pour appliquer les mesures édictées par le représentant en mission, Balthazar FAURE, le 16 juillet 1794, ordonnant la disparition dans les trois jours de tous les signes religieux. Seule la croix surmontant l'église est mentionnée dans les  archives. Elle fut descendue rapidement par les soins de Claude CLAUDEL, qui reçut 68 livres pour son ouvrage.

 

 

LE REFUS DU PARTAGE DES BIENS COMMUNAUX

 

Les 17 germinaux ans II (6 avril 1794), sur l'injonction de l'administration départementale, une assemblée générale extraordinaire est convoquée sur la place "au devant de l'église". Elle rassemble le conseil général de la commune, et "tous les individus des deux sexes " âgés de plus de 21 ans. Il s'agit de se prononcer sur un éventuel partage des biens communaux, prescrit par les lois des 10 juin et 2 octobre précédents. Présidée par Nicolas MOUROT et Dominique CHEVRIER, l'assemblée délibère " qu'elle ne pouvait adhérer au partage, ni en tout, ni en partie. Les raisons sont que leurs terrains communaux se trouvent dans différentes positions escarpées, qu'une quantité est embarrassée de rochers, que le partage devenant avantageux pour quelques-uns serait très nuisible à la majeure partie des autres, que par là, la division devenait impossible, que d'ailleurs la moitié de leurs biens communaux, par leurs positions, sont des terres stériles qui ne sont susceptibles d'aucune amélioration, que ceux dont les lots obviendraient seraient lésés, nonobstant toute mieux-value, qu'en conséquence, ils demandent qu'il ne fut point fait de partage, et que leurs biens communaux restent à en jouir en commun comme du passé, considéré sous le même aspect de propriété communale et droit commun".

 

 

Le vote des Guédons est sans appel ; les 567 personnes présentes se déclarent à l'unanimité opposées au partage, permettant à la commune de conserver un capital foncier précieux pour l'avenir.

 

 

NOTES

 

(1) Marié, sans enfant, Charles Joseph NOEL déclarait, le 12 février 1791, posséder 16 jours, 9 omées de pré et une maison à un étage de 40 pieds carrés. Un rapport rédigé en décembre 1794, peut-être par Maurice BLAISE, représentant le canton à l'administration du district, indique qu'il  " est instant de remplacer  le maire (du Ménil) qui est un homme âgé, illettré et sans  énergie, affligé d'ailleurs d'une surdité" (A.D. Vosges L 749).

 

 

 

(2) Pour plus de détails, se reporter à notre étude sur les volontaires du Ménil parue dans le bulletin de la Haute-Moselle n°18, spécial Révolution.

 

 

(3) Il habitait au " Clos Pierrot".

 

 

(4) Quelques-uns de ces requis ne devaient jamais revenir. Citons Jean Nicolas CUNAT, mort en prairial an II à l'hôpital d'Anneville, Blaise CUNAT, décédé à l'hôpital de Belfort le 13 frimaire, Sébastien PHILIPPE, mort au même hôpital le 5 janvier.

 

 

(5) Luc LAHEURTE est le fils du premier instituteur du Ménil, Alexis LAHEURTE, et Jean François VIRIOT le fils de l'entrepreneur ayant construit l'église avant de se fixer dans notre village.

 

J.A. MORIZOT